La vérité sur la reproduction d’un huilage

Traduit d’un article de Ted Thompson (société Kegel) du 5 août 2015.

Chez Kegel nous recevons beaucoup de demandes pour convertir et dupliquer des profils de huilage sur différentes machines à huiler utilisant différentes technologies. Quelques fois pour le huilage spécifique d’un tournoi ou pour un huilage répertorié. Nous savons que beaucoup de facteurs, autres que le profil de huilage, déterminent la réaction des boules et combien le jeu de la piste peut être rendu facile ou difficile.

L’une des raisons pour lesquelles un huilage ne peut pas être reproduit, c’est que certaines machines à huiler n’ont pas les capacités d’appliquer le profil de huilage exactement comme la machine pour laquelle ce profil a été fait. Quelques-uns des nouveaux huilages sont de bons exemples car ils sont créés spécifiquement pour les machines FLEX.

Par exemple, le Eiffel Tour est un huilage sport à 48 pieds avec une variation de vitesse de la brosse Buffer que seule la machine à huiler FLEX possède, sur les 7 derniers pieds une vitesse de 200 tours/mn est utilisée ce qui permet d’appliquer une très fine couche d’huile dans cette zone. Si une machine n’a pas la possibilité de varier la vitesse de la brosse Buffer, celle-ci tourne à 500 tours/mn et dépose beaucoup plus d’huile à la fin du huilage. Cela ne veut pas dire que ce ne sera pas agréable à jouer, mais ça ne se jouera pas de la même façon.

Cependant, même si le profil de huilage est reproduit à la perfection malgré la différence de technologie des machines, il peut y avoir d’autres différences comme le type d’huile et de dégraissant, la concentration du dégraissant, la friction générée par la surface de la piste et sa topographie.

Certaines huiles de piste sont plus glissantes ou au contraire font rentrer la boule plus tôt. Certaines huiles transfèrent plus que d’autres et certaines laissent plus de résidus modifiant la réaction en fin de piste.

La concentration de dégraissant dans le mélange d’eau affecte aussi la réaction des boules particulièrement en fin de piste.

Au sujet des surfaces de pistes, les pistes en bois ont tendance à rentrer plus et plus tôt que les pistes synthétiques avec le même huilage.

Quand vous vous entraînez dans votre bowling habituel, vous êtes souvent seul ou avec quelques partenaires. On sait aujourd’hui que dans notre environnement bowling, avec les boules actuelles, il ne faut pas attendre longtemps avant que les conditions de jeu changent. Mais, pendant un tournoi, vous serez confrontés à différents styles de jeu, qui vont transformer le huilage différemment.

Il est courant de voir le niveau des scores changer suivant les squads dans le même tournoi, en utilisant la même huilage, simplement à cause de styles de jeu différents d’un squad à un autre, ou à cause du type de boules utilisées par les participants.

La topographie est aussi une variable qui intervient sur le comportement de la boule (comment elle perd son énergie) et sur la quantité de Hook. Une portion de la piste avec une pente opposée à la rotation de la boule, lui fait perdre de l’énergie plus vite, alors qu’une portion de piste avec une pente dans le même sens que la rotation de la boule, lui fait perdre son énergie plus lentement. Ces pentes suivant leur position dans la longueur de la piste, peuvent aider la boule à aller vers la poche ou au contraire rendre sa progression vers la poche plus difficile.

Un exemple de l’intervention de la topographie sur le niveau des scores : les Teen Masters de 2014 et 2015.

Dans cette compétition, beaucoup de participants ont joué les 2 années, ils utilisaient le même genre de boules, le huilage et la longueur étaient les mêmes, la même huile et le même dégraissant, on peut donc ne pas prendre en compte toutes ces variables.

Cependant, en 2015, le tournoi s’est joué sur une nouvelle installation et les pistes avaient une certaine topographie connue pour produire des scores élevés. Le niveau général des scores était 20 quilles plus élevé en 2015 qu’en 2014 et il y eu beaucoup de 300 joués. L’environnement de 2015 a bénéficié à certains styles de jeu plus qu’à d’autres et il y a eu jusqu’à 40 quilles de plus par partie.

La société Kegel a relevé la topographie de milliers de pistes dans le monde et nous n’avons jamais trouvé 2 pistes rigoureusement identiques, concernant le Tilt en longueur, le Tilt en largeur, les bosses et les creux. Nous n’avons jamais trouvé non plus une piste avec un niveau parfait.

On peut dire que les pistes sont comme les empreintes des doigts, pas deux identiques.

A partir de là, aucun profil de huilage ou sa conversion ne peut garantir que la réaction de boule sera la même chez vous et dans le bowling de la compétition.

Le meilleur conseil qu’on puisse donner est de s’entraîner sur des huilages difficiles avec une distance proche de celle du prochain tournoi. Ce genre de préparation va vous aider à garder l’esprit ouvert et à être prêt à vous adapter quand vous commencerez ce tournoi. Il est facile aujourd’hui de s’informer sur ce que sera le profil de huilage d’une compétition. Malheureusement, cela ne permet pas en général de garder l’esprit ouvert et génère trop de certitudes.

En conclusion, si vous vous entraînez dans votre bowling habituel sur un huilage particulier de tournoi à venir, ne construisez pas votre plan de jeu là-dessus, gardez l’esprit ouvert, très ouvert.

La seule chose qu’on puisse garantir, c’est que ce sera différent lors du tournoi, même s’il se joue chez vous.

Adaptation à l’évolution des conditions de jeu.

Le problème actuel, c’est que les joueurs n’utilisent la plupart du temps que le changement de boule pour s’adapter aux évolutions des conditions de jeu. C’est par manque de compétences car ils ne travaillent pas leurs points faibles à l’entraînement et ne prennent pas le temps d’acquérir de nouvelles connaissances.

Dans cet article je vais vous parler des différents moyens d’adaptations à votre disposition. Reste à votre charge de les travailler à l’entraînement l’un après l’autre jusqu’à les maîtriser avant de vous en servir en compétition.

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Lire la piste

Tiré d’une vidéo de National Bowling Academy de février 2021.

Les coaches Rod ROSS et Fred BORDEN vous expliquent comment lire les pistes par quelques trucs et conseils. La première chose est de regarder et d’interpréter les réactions de votre boule sur la piste.

Question : Comment fait-on pour lire la piste ?

Réponse : En observant les réactions de votre boule sur la piste et dans les quilles.

Utilisez plutôt votre boule de référence aux boules d’essai pour comprendre ce que veut la piste.

Le plus important : observez votre boule !

Règle N° 1 : Regarder où la boule commence à changer de direction.

Une fois que la boule glisse et prend ses rotations, trois choses peuvent arriver au niveau de la distance à laquelle la réaction commence :

  • Votre boule finit pleine ou à gauche de la quille 1. Ce n’est pas parce qu’elle rentre trop, mais parce qu’elle rentre trop tôt.
  • Votre boule passe à droite de la quille 1.  Elle rentre trop tard.
  • Votre boule a une réaction correcte et finit dans la poche.

Question à se poser : jusqu’où va ma boule avant de commencer son crochet ?

Règle N° 2 : Regarder la force de la réaction.

Puis, quand la boule commence son crochet, 3 choses peuvent à nouveau arriver concernant la force de la réaction (le Hook Power) :

  • Votre boule réagit très fort.
  • Votre boule ne réagit pas beaucoup.
  • Votre boule réagit correctement.

Question à se poser : comment est la fin de piste (les 15 derniers pieds, 4,5 mètres) ?

Règle N° 3 : Regarder la forme de la réaction.

Puis, quelle forme a la réaction de votre boule ? A nouveau 3 possibilités :

  • Votre boule réagit violemment (réaction angulaire).
  • Votre boule réagit lentement (en arc).
  • Votre boule réagit correctement par rapport aux conditions de jeu (en crochet).

Questions à se poser : quelle forme de réaction va être la plus efficace ? Que demande la piste ?

Perçage ADT de Joe Slowinski

Une approche anatomique de la tenue de boule et du perçage.

Une autre vision de la main et les raisons du perçage ADT (Anatomic Drilling Technique) par Joe Slowinski dans BTM d’avril 2015.

Version traduite et simplifiée de l’article de Joe Slowinski.

L’objectif de cette nouvelle méthode de traçage, de perçage et de tenue de boule est de permettre à la main du joueur d’être posée plus naturellement sur la boule afin de réduire les tensions dans la main, le poignet et l’avant-bras, pour permettre un balancier plus libre et un lâcher plus propre. La boule doit devenir une extension naturelle de la main. Les douleurs pendant et après le jeu diminuent et l’inconfort aussi.

L’étude de l’anatomie de la main montre que la tenue naturelle d’un ballon ou d’une boule de bowling  est différente de ce que l’on pense en général. Ce n’est pas le majeur, mais l’annulaire qui permet la meilleure tenue car il est en face du pouce. A partir de cette observation essentielle, la méthode ADT fait évoluer nos anciennes méthodes.

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